Commentaire:
On distingue habituellement la redistribution verticale et la redistribution horizontale: la première s'effectue des riches vers les pauvres, la seconde entre ceux qui supportent un risque et ceux qui n'en supportent pas (entre célibataires et chargés de famille, entre bien portants et malades, par exemple).
La redistribution s'appuie sur l'impôt et sur les cotisations sociales. Elle contribue à modifier la répartition des revenus telle qu'elle s'effectue sur le marché (répartition dite «primaire»). Les libéraux l'accusent de fausser le jeu du marché en exerçant un effet de frein sur les plus innovants et de dissuasion sur les plus pauvres, lesquels n'ont plus autant besoin de travailler et exigent des salaires plus élevés. Mais la redistribution contribue aussi à renforcer la cohésion sociale d'un pays. En limitant les mécanismes inégalitaires engendrés par le marché, elle contraint les entreprises à innover techniquement et socialement.
Certains vont plus loin et soutiennent que la redistribution est à l'oeuvre également au sein des revenus primaires: ainsi, les jeunes seraient sous-payés par rapport à leur contribution productive effective et les plus anciens seraient surpayés; et cette redistribution occulte, rendue obligatoire par le biais des règles d'augmentation à l'ancienneté que la plupart des conventions collectives comportent, contribuerait à la cohésion sociale du salariat. Le relâchement de ces règles serait à l'origine du morcellement du salariat que l'on constate.
A lire également:
Jacques Généreux, «Les trois fonctions de l'Etat selon Musgrave», Alternatives Economiques n°219, novembre2003. - cliquez ici.