
Régulation
Pour se maintenir dans le temps, un régime de croissance dans un pays donné a besoin d'un certain nombre de règles ou de comportements stables qui font système, c'est-à-dire dont le respect engendre une stabilité suffisante pour que la dynamique de l'évolution puisse se poursuivre. Le terme désigne donc non pas l'intervention publique, mais la capacité des institutions (parmi lesquelles figurent les règles de comportement aussi bien que les règles légales) à produire et reproduire dans le temps une dynamique économique et sociale. Commentaire: L'exemple type de la régulation est donné par le mouvement d'un cycliste, dont l'équilibre est déterminé par l'effort qu'il fournit, mais dont l'effort est fonction de l'équilibre. Réguler une économie, c'est à la fois assurer des règles et des habitudes qui engendrent l'équilibre, et les modifier suffisamment pour que les inévitables changements –«l'histoire ne repasse jamais deux fois les mêmes plats», disait Marx– puissent être absorbés sans remise en cause. Il y a crise de régulation lorsque les règles, les structures en place, les comportements des acteurs ne parviennent plus à absorber les changements. Et il y a crise majeure de régulation lorsqu'il se révèle que les anciennes règles sont devenues inopérantes, tandis que de nouvelles restent à inventer. Ce concept, utilisé par un courant d'analyse de la réalité économique –l'école de la régulation–, intègre à la fois des éléments économiques –l'efficacité des investissements, la fiscalité...–, des éléments sociologiques –le type de règles déterminant l'évolution des salaires, les comportements de consommation...– et des éléments politiques (rôle et nature de l'Etat). C'est ce qui en fait la richesse et la difficulté.
Date de mise à jour : 22/01/2010
A lire également: Robert Boyer, «La théorie de la régulation: les capitalismes décryptés», hors-série n°73 d'Alternatives Economiques, avril2007. - cliquez ici.
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