
Accumulation du capital
Au sens littéral, désigne l'accroissement du stock d'équipements productifs ou d'infrastructures détenu par une entreprise, un groupe financier ou un pays. On la mesure alors en déduisant de l'investissement effectué durant une période (l'année, par exemple) les déclassements pour usure ou obsolescence ( amortissement, en comptabilité privée, ou consommation de capital fixe, en comptabilité nationale). Par extension, désigne le plus souvent l'accroissement de patrimoine susceptible d'engendrer des revenus ultérieurs ou de se valoriser sur un marché au bénéfice d'une personne ou d'un groupe social qui s'efforce ainsi de maintenir, ou d'améliorer, sa position sociale. Commentaire: Ce concept a été largement utilisé par Marx, qui a particulièrement insisté sur l'accumulation primitive du capital, c'est-à-dire les méthodes par lesquelles une couche sociale a acquis les moyens matériels nécessaires lui permettant de devenir une couche sociale dominante unie par des intérêts communs, c'est-à-dire une classe sociale. Cependant, dans la problématique marxiste, le capital ne désigne pas les moyens eux-mêmes, mais le rapport social que la propriété privée permet d'instaurer entre ceux qui possèdent les moyens de production (équipements, mais aussi matières premières et produits semi-finis, argent nécessaire pour avancer les salaires) et ceux qui ne les possèdent pas. Dans une société capitaliste, les seconds sont contraints de louer leur force de travail aux premiers, faute de posséder par eux-mêmes de quoi produire selon les normes techniques de la société. L'accumulation du capital permet donc aux détenteurs des moyens de production de capter une partie croissante de la valeur créée par les travailleurs.
Date de mise à jour : 22/01/2010
A lire également: Pascal Combemale, «Quelques leçons de Marx», hors-série n°73 d'Alternatives Economiques, avril2007. - cliquez ici.
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