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Dans le sillage de la crise sociale qui touche durement la France, la « méthode Sarkozy » a pris un nouveau visage en cette troisième année de mandat présidentiel. Une première série de mesures à dominante libérale n'avait d'abord pas réussi à relancer la croissance en début de mandat. En réaction à la crise et pour limiter ses effets, l'heure avait ensuite été aux investissements publics élevés, le fameux plan de relance. Depuis, le temps est à la diète pour les budgets de l'Etat. Alors que les baisses d'impôt du début de la présidence, sur lesquelles le gouvernement se refuse encore de revenir, réduisent aujourd'hui les marges de manœuvre, il n'est pas sûr que la politique de rigueur permette à une croissance atone de redécoller et à la courbe du chômage d'arrêter de grimper.
Au début du XXe siècle, les 10 % les plus aisés représentaient environ 40 % du revenu global, contre 33 % à la fin des années 1990. A long terme, les inégalités de revenu ont donc diminué. Mais on assiste aujourd'hui à un retournement de tendance. Un changement probablement sous-évalué car les statistiques officielles ignorent la hausse de la valeur du patrimoine des ménages. Ce qui minore l'ampleur de l'enrichissement des plus aisés
La crise financière qui a éclaté aux Etats-Unis en 2007 clôt un cycle, celui ouvert dans les années 1980 avec la libéralisation des marchés financiers. Les promesses étaient nombreuses à l'époque : la libre circulation des capitaux et la titrisation devaient permettre une allocation optimale des ressources et une meilleure gestion des risques. Or le système financier actuel s'apparente à une source d'instabilité plutôt qu'à un levier de développement de l'économie. Que s'est-il passé au juste, et comment cela a-t-il été possible ?