Le retour de Keynes
Denis Clerc
Alternatives Economiques Poche n° 038 - avril 2009
La crise économique que nous vivons suit le cercle vicieux classique étudié il y a longtemps par Keynes: les anticipations pessimistes des ménages et des entreprises dépriment la conjoncture, ce qui renforce encore la récession. Seule la dépense publique permet de rompre ce cercle vicieux.
Le moment est keynésien. Cette crise est le type même de crise de la demande décrit par le grand économiste de Cambridge. La dépense est bridée d'abord par le rationnement du crédit de la part des banques. On le voit bien dans le secteur du bâtiment, par exemple. Les prix s'effondrent parce que plus personne n'ose acheter un nouveau logement, de peur de ne pouvoir revendre celui où il habite actuellement. Tandis que l'accession à la propriété, qui repose sur le crédit, est gelée. De même, les entreprises trouvent difficilement les financements dont elles auraient besoin pour concrétiser leurs projets d'investissement (ce qui amènera sans doute une grande partie d'entre elles à réduire leur distribution de dividendes, de façon à pratiquer davantage l'autofinancement).
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